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DOMINIQUE GOBLET

Exposition Art visuel


Du 8 au 26 juillet
Vernissage le 8 juillet à 18h
Cour du Théâtre des Doms


L’idée ici est de donner à voir par le truchement d’un regard et d’un geste artistique ce qui reste souvent invisible aux festivaliers: les coulisses. Le projet
visuel consistera à effectuer une chronique dessinée, au jour le jour, autour des compagnies jouant au Théâtre des Doms, pendant leur préparation, les répétitions et les représentations.
Le séjour de Dominique Goblet se terminera par l’exécution d’une fresque dans l’entrée du Théâtre des Doms visible à partir du 8 juillet (vernissage) et
jusqu’au 26 juillet.



Dominique Goblet est sans conteste un nom emblématique de cette nouvelle génération d’auteurs belges francophones. Changeant sans cesse de technique pour épouser au mieux son propos, jouant tant sur la page et sur le lettrage que sur le rendu de la matière pour faire passer ses émotions, elle privilégie sans cesse la clarté narrative. Paradoxalement, ses histoires procèdent d’une intense réflexion sur les outils du récit et la manière de l’aborder.
Son travail se situe dans un entre-deux, bande dessinée/arts plastiques, une terra incognita aux populations curieuses, une zone d’exploration fertile, et
aussi un geste littéraire. L’autobiographie se mêle de fiction (à moins que ce soit l’inverse): la vie «vraie», la vie vécue, est une matière sensible, volatile, incorruptible, souvent redoutable, que Dominique Goblet découpe, compose, sculpte, afin d’installer ce temps indocile dans le temps d’un livre. Et chaque livre sera une offre nouvelle.
Elle s’est distinguée d’abord par des bandes dessinées expérimentales, qui brouillent les frontières entre dessin et récit, mais aussi entre croquis et
oeuvre achevée. Son travail, dont les préoccupations féministes sont évidentes, a pris peu à peu une dimension plus directement autobiographique, même
si la frontière entre autobiographie et autofiction reste, ici aussi, relativement ouverte. Virtuose du dessin, elle est capable de mélanger les styles les
plus divers, sans que jamais les recherches formelles ne nuisent à la charge émotionnelle de la narration.
Parallèlement à son travail pour l'édition, elle travaille la photographie et la peinture, et crée des oeuvres sur papier. Elle revendique une approche
plasticienne du médium. Ses influences viennent du champ des arts visuels mais aussi, très vraisemblablement, de la musique.
Comme nombre d'artistes plasticiens, elle a érigé la technique mixte en méthode. Elle dit: «Je veux tout le temps varier les techniques, pour ne pas
m’ennuyer.» Le lecteur ressent que ce déploiement plastique ne vise pas seulement un résultat esthétique et qu'il répond à une volonté de traduire au plus juste certaines émotions. Cependant les intentions de l'auteure ne se laissent pas toujours aisément déchiffrer.
Une autre caractéristique de son travail est son goût pour les projets qui prennent du temps. Beaucoup de bandes dessinées majeures de l'ère moderne ont nécessité un temps de gestation, une maturation, un labeur considérables. Elle se félicite de ce que les éditeurs indépendants lui offrent ce luxe, d'échapper à l'impératif de productivité qui gouverne la bande dessinée commerciale. Faire semblant c'est mentir est un livre qui a infusé, qui s'est sédimenté, et le lecteur est invité à prendre son temps, lui aussi, pour en libérer toute la puissance poétique.


«On sait, depuis son magnifique Faire semblant, c'est mentir (2007), que Dominique Goblet peut évoluer du plus intime au plus expérimental avec la même hardiesse virtuose, sans se répéter. Ce nouvel essai, elle l'a conçu à quatre mains avec l'artiste berlinois Kaï Pfeiffer. L'échange a duré deux années, au cours desquelles, à distance et à partir d'une grille immuable –une feuille de format A4 divisée en quatre cases–, chacun(e) a réagi à la proposition de l'autre, testé de nouvelles pistes, parfois séché, puis rebondi, et finalement fait émerger, dans une connivence féconde, l'histoire d'une femme d'âge mûr dont la fille a disparu, et qui comble le vide abyssal de son existence en explorant assidûment les sites de rencontres sur Internet.
Fantasmes ou réalité? Tout est possible. Et même, et surtout, que le lecteur se crée son propre parcours imaginaire dans le dédale des rebonds et détours insolites, audacieux, sarcastiques, parfois énigmatiques qui électrisent le récit et le métamorphosent sans cesse. Dans un tourbillon kaléidoscopique de styles graphiques, de tonalités de dialogues, bref, de coups de force narratifs et visuels, le puzzle reconstitué célèbre, par-delà l'hypothétique histoire, celle que les traits mêlés de l'un et de l'autre réinventent avec une liberté jubilatoire.»
Jean-Claude Loiseau, Télérama (27/01/15)

«Bien que Dominique Goblet ait écrit cinq autres albums, c'est son premier traduit en anglais (elle en a relu chaque page). Elle utilise les fusains, les stylos et l'encre pour déployer toute une palette de styles ; des tâches huileuses jaunes saturent les pages d'ouverture dépeignant ainsi une visite à son père alcoolique, dont elle est éloignée, comme pour exprimer le désordre dans lequel ils se trouvent (plus loin). Elle retranscrit un accident de course de voitures télévisée avec la précision trouble d'une photo réaliste en noir et blanc de Gérard Richard - magnifiques images qui sont violemment interrompues par la mère de Dominique qui hurle des lettres de colère 'Sale gosse! Je vais t'arracher!'»
Sheila Heti, The Newyork Times (24/02/17) - (trad. SdF)


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