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ÉDITO / Automne 2017


À quoi bon le spectacle vivant si ce qu’il apporte en place publique est sans effet?

À quoi bon proposer des œuvres spectaculaires si leurs propos restent lettre morte?

À quoi bon offrir un regard sur le monde s’il n’est pas suivi de débats eux-mêmes suivis d’actes?

Est-ce que le beau, celui qui naît d’un geste artistique plein, se suffit à lui-même?

Est-ce qu’à l’heure de la consommation culturelle et du pragmatisme subventionnel, il reste un chemin entre l’Art et le Politique? Peut-on encore emprunter cette route que nos aînés ont révélée faite de liens tissés entre le citoyen et le culturel?

Quel pouvoir de transformation avons-nous encore entre les mains? Chacun à l’endroit où nous sommes, comment pouvons-nous agir sur l’injuste, l’inéquitable et l’oppressif?

Souvent ces questions habitent mon travail de programmation, sans épuisement, sans désenchantement, comme une interrogation nécessaire et dynamique sur la place d’un théâtre dans la ville. Comme une question sur la responsabilité qui incombe à ce territoire symbolique que dessine un espace d’art dans la cité lorsqu’il échappe au divertissement et aux querelles de chapelles.

Après un temps de rêverie viennent les échéances et il faut poser des choix.
On peut tenter alors une chose, une toute petite chose; donner sa confiance dans la pratique des artistes, leur préserver un espace de création le plus proche possible de l’idéal et les mettre ensuite en contact avec le reste du monde. Ce qui survient alors, est pour longtemps, un pari sur l’invisible et tient de la foi, pareille à celle que le peintre pointilliste accorde à son travail avant qu’il ne s’achève, certain que le tableau qu’il construit de mille taches minuscules sera intelligible, un jour, et même plus et même mieux.

Voici donc quelques taches, déposées de septembre à décembre. Les unes dansées, les autres jouées, certaines débattues, d’autres partagées. Il y en aura pour les yeux et les oreilles comme pour l’esprit et l’âme. Quelques dizaines de rendez-vous, pour la plupart tout à fait gratuits, avec les éléments microscopiques d’un tableau pour longtemps inobservable, dont, sans le savoir, vous êtes non moins, et en grande partie, l’auteur associé, vous public.

Alain Cofino Gomez